Il payait sa pension alimentaire avec des pizzas

Il payait sa pension alimentaire avec des pizzas

Le tribunal de Padoue à autorisé un pizzaiolo à s’acquitter de son dû en nature. Une jurisprudence qui fait rêver. Et si la pizza, galette universelle, devenait la nouvelle devise européenne?

L’argent, l’argent, toujours l’argent! Et que fait-on quand on n’en a plus? Comment honorer un contrat, rester digne, être à la hauteur de ses promesses? Nicola Toso, pizzaiolo de 50 ans installé à Padoue, a trouvé la solution.

A son divorce en 2002, la justice lui ordonne de verser une rente mensuelle de 300 euros à son ex-femme en charge de leur fille. Mais un remariage et trois enfants plus tard, en pleine crise financière, l’homme dit ne plus avoir les moyens. Prenant l’expression «pension alimentaire» au pied de la lettre, il s’engage à livrer l’équivalent de son dû en pizzas, soit environ 36 par mois. Ce qu’il a fait de 2008 à 2010.

A moins de partager l’ADN d’une tortue Ninja, le régime est difficile à avaler. Son ex-épouse le poursuit donc pour non-paiement. Après une procédure interminable, le tribunal de Padoue rend sa décision en 2011. Contre toute attente, elle donne raison au pizzaiolo: oui, dans certains cas, la nourriture peut servir de paiement.

Un anglais peut-il payer avec des after eigh?

Cette jurisprudence a été révélée en début de semaine par un journaliste de «Il Gazzettino» qui a eu accès aux archives car entre-temps, le couple a trouvé un arrangement: la fille ayant choisi de vivre chez son père, c’est à la mère désormais de payer une pension à son ex-mari.

Une telle décision paraît inimaginable ailleurs qu’en Italie. Imaginez-vous un tribunal anglais autoriser Mister Brown à s’acquitter de sa rente en after eight? Ou un juge helvétique permettre à Herr Meir d’honorer son engagement par des paquets de fondues Gerber? Non. Mais la pizza, en attente d’une validation de l’Unesco pour figurer sur sa liste du patrimoine immatériel, c’est autre chose: une galette universelle.

Bureau de change à l’odeur d’origan

Je me prends à rêver d’un RBI payé en margherita ou en calzone et à imaginer des bureaux de change à l’odeur d’origan. Mieux, je m’enthousiasme à l’idée que la spécialité napolitaine puisse devenir la nouvelle devise européenne, une monnaie unique que chaque nation pourrait agrémenter selon ses traditions: paprika en Hongrie, morue au Portugal, grenouilles en France. Voilà qui consoliderait l’Union, tout en sauvegardant le génie des peuples. Car comme le dit Jacques Attali, lanceur d’idées et poète de l’euro: «Le plat universel, ce n’est pas le hamburger mais bien la pizza, parce qu’elle se limite à une base commune – la pâte – sur laquelle chacun peut disposer, agencer et exprimer sa différence.»

Category: Divers

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